Toutes les compétences d’une dominatrice

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J’ai répertorié toutes les compétences requises pour exercer le merveilleux métier de dominatrice. Tu pourras constater que se prendre pour une déesse de la fesse, ce n’est pas de la tarte (dans ta tronche) !

Beaucoup de mes copines dominas ainsi que moi-même, nous avons exercé par le passé des professions plus classiques, reconnues dans la société, des emplois parfois à responsabilité, après avoir effectué plusieurs années d’études. « Pourtant de toutes ma vie, je n’ai jamais autant mobilisé de compétences que depuis que je suis dominatrice » remarque Maîtresse Célia. Et je crois que je peux en dire autant.

Commençons par le plus évident, le plus visible : les connaissances en BDSM et la pratique. J’ai un master de Master option cravache et gode-ceinture ! Toute ma famille était très fière de mon diplôme. Non je rigole, il n’y a pas d’école pour devenir dominatrice. Généralement mais ce n’est pas le cas pour toutes, avant de nous lancer nous avons œuvré dans notre vie privée. Autant te dire que si tu es aujourd’hui en sécurité, c’est que mes petits amis ont payé en subissant mes maladresses de débutante : oubli du mec attaché au lit pendant une semaine, fissure anale et tétons arrachés. Je blague ? Pas mon genre. L’expression « essuyer les plâtres » n’a jamais aussi bien porté son nom.

La dominatrice inspire le désir et la crainte. Elle mêle habilement le sexy à l’angoisse. Avec une allure, des attitudes ultra féminines sur talons vertigineux, la domina incarne des valeurs viriles (courage, contrôle des émotions, assurance, maturité), un subtil mélange des extrêmes, une performance artistique en quelque sorte ! Il faut alors afficher une certaine prestance, une expression au phrasé approprié, bref construire, faire vivre et évoluer son personnage.

Mon esprit s’attache à ne pas juger lorsque je reçois certaines demandes. Au fond, je suis aussi tordue que mes soumis, voire plus leur étant supérieure dans le vice ! C’est un métier au plus proche de l’humain dans lequel on pénètre au fin fond de l’âme de son partenaire. Je donne beaucoup émotionnellement. À la fin d’une journée de séance, je suis bien ramollie voire down.

Suite du florilège de compétences requises : psychologie ça c’est évident, intuition, créativité, avoir le sens du scénario, de la mise en scène, de l’improvisation, du décalage, sans oublier une bonne dose d’imagination pour détourner des objets du quotidien. Comme me le faisait remarquer un soumis plein de témérité : « je ne comprends pas pourquoi les dominas achètent tant de matériel. C’est peut-être pour pallier un manque d’imagination. Une bonne dominatrice n’a besoin que d’une courgette et de sa tête. » Je préciserais une courgette certifiée bio, autant faire les choses correctement car la dominatrice est obsédée par la perfection jusqu’au bout des ongles. Un poids bien plus lourd que celui que j’accroche à tes coucougnettes poilues.

Ce que j’aime dans ce métier, c’est qu’il fait autant appel à la cérébralité qu’à l’esprit pratique. Et oui ! Il faut savoir renouveler son matos, bien le choisir, savoir s’en servir, l’entretenir, passer de l’huile à bois sur le joug, nettoyer le martinet lanière par lanière quand ce n’est pas tout désinfecter surtout avec le Covid. Il y a aussi l’achat et le choix des tenues qui prennent pas mal de temps, remplacer les bas qui filent faciles. Sans oublier la corvée de linge avec draps et serviettes, mais bon, nous sommes des femmes après tout, nous faisons cela avec plaisir. Le fétichisme du flacon Soupline, c’est dans nos gênes !

Les soumis ne tombent pas comme les goûtes de pluie sur Paris (remarque mes talents de poétesse), je veux dire par là qu’il faut les trouver nos trous de balle ! Une dominatrice doit se faire connaître, communiquer, rédiger une annonce qui fera la différence, poster sur les réseaux sociaux, poser en photo (je déteste ça), construire un site internet (bon on peut demander à un soumis geek mais je suis très fière d’avoir fait le mien toute seule ! )

Ensuite place à un lourd travail de secrétariat, de tri, de nombreuses demandes n’étant pas sérieuses, sans parler des fantasmeurs qui font perdre du temps, qui sollicitent un rendez-vous mais ne viendront jamais. Et puis il y a les mecs vraiment craignos. Mieux vaut avoir le gout du risque… tout en étant prudente.

Les dominas n’échappent pas à la paperasse, elles font leur comptabilité pour déclarer URSAFF et impôt sur le revenu. Ça vaut mieux hein ? Et ceci même si le métier n’est pas reconnu par la société, bien qu’il soit légal. Bref la réglementation aux relents de moral, est hypocrite. Mais c’est un autre sujet.

J’oublie aussi les questions éthiques dont nous débattons entre collègues : faut-il faire subir au soumis des choses qu’il n’aime pas. Si oui, dans quelle mesure ? Jusqu’où peut-on humilier sans atteindre l’estime de soi ? etc.

Dominatrice, c’est un métier complet qui réclame des qualités à la fois artistiques et commerciales, le tout dans un état d’esprit ouvert mais cependant discipliné. Mieux vaut avoir la tête sur les épaules et une bonne hygiène de vie pour tenir la cadence. (C’est l’une des raisons pour lesquelles je ne bois plus d’alcool.)

Peu de femmes s’astreignent à un tel régime. Ce qui explique qu’il est très difficile de trouver des dominas bénévoles. Enfin, tu peux toujours poser la question aux infirmières de la Croix Rouge…

Consoeurs dominas, si j’oublie des compétences n’hésitez pas à compléter en commentaire. 

La publication a un commentaire

  1. Il nous faut aussi des sacrées compétences d’infirmière, paske bon se taper de nettoyer du caca et e mettre des couches et des sondes …

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