Philosophie carpet diem

tapis repose-pied soumission

Pour une rentrée studieuse chez Gladys, allonge-toi. Ça te rappelle la plage l’été, sauf que maintenant c’est sous mes pieds, sous mon bureau que ça se passe. Pendant que Maîtresse écrit, seras-tu repose-pied ou tapis ?

La vie est courte, il faut se presser d’en profiter. Mais à courir partout en cette rentrée, tu es déjà épuisé, tu flippes de la montagne d’objectifs à remplir. Tu es scotché à ton portable, les vacances semblent déjà si loin, en quelques jours te voilà redevenu impatient et crispé.

Aujourd’hui je t’attends de pied verni ferme pour notre session d’écriture. Tu vas me servir de repose-pied, de tapis. Ah enfin, te voilà ! mets-toi nu, pas de temps à perdre en bavardage ! Glisse-toi sous ma table de travail. Sur le dos, allongé.

Pour le moment, je ne t’attache pas, je prends place, je me concentre et commence à pianoter. Telle la musique de mes talons, le clac clac léger des touches, peu à peu, te berce. Vais-je trouver l’inspiration ?

Si tel n’est pas le cas, ce sera ta faute ! Je n’aurais d’autre choix que de te punir. Je laisse trainer près de ton nez, mes pieds chaussés d’escarpins noirs à la ligne racée. Tu t’imagines pomper la pompe. Frustré et fasciné, ton esprit se fige de longues minutes. C’est la méditation du talon. Ravalé au rang inférieur, tu te sens si petit, si soumis qu’une douce excitation t’envahit.

Pour une séance d’écriture fructueuse, tout est affaire d’énergie, d’alignement spirituel. Et pour cela, tu t’abandonnes entièrement à moi, même si je t’oublie, car c’est bien le rôle d’un meuble. L’énergie qui fait bouger mes doigts, est nourrie de mon intelligence et de ton abandon.

Obsédée textuelle, je suis toute absorbée par ma tâche. Tu n’existes plus, ou si peu… Tout va pour le mieux en cet instant, sous mes pieds, mes jambes parfaites gainées de nylon. Peut-être te demanderais-je de t’occuper de mes pieds délicats. Mais pour l’instant, je n’ai que faire d’un tapis massant. Mes escarpins trainent sur ton torse, tu sens le talon aiguille pénétrer doucement ta peau. Je quitte mes souliers, je pose un pied sur ton visage, l’autre sur ton spaghetti, ah tiens j’ai l’impression que maintenant c’est un cannelloni, bien qu’immobile, serais-tu excité ? Je change négligemment la position de mes jambes, je me cale sur ton cou, j’appuie à peine. Pouvoir de vie et de mort, Éros et Thanatos, tu frissonnes d’un effroi divin.

Allez ! Je sens que je pourrais davantage encore me concentrer si tu étais attaché. Retourne-toi sur le ventre, tu vas faire la carpette ! Ne remue pas la queue, je ne parle pas du poisson d’eau douce !

Un tapis ne voit rien, je t’enfile… une cagoule ! rien qu’une cagoule t’emballe-pas ! Une cagoule sans trou pour les yeux. Mets-toi sur le ventre ! Mes nouvelles grosses sangles qui sentent bon le cuir, vont t’immobiliser, en un rien de temps… c’est plus confortable et pratique que les cordes de shibari. Érotique inertie… Mais mais, je me préoccupe de ton confort ? je débloque ou quoi ! Je t’emprisonne le buste, les cuisses puis les chevilles. Tu peux laisser les bras en croix, comme une peau de bête qui ferait office de descente de lit.

Tu te sens totalement inutile, un objet. Mais le superflu, le futile, c’est subjectif. Qu’est-ce que le rien ? Par quoi est-il défini ? Tu n’es vraiment pas en état de penser, là, mon pauvre ami. Tu sens mon pied nu te caresser les fesses, un autre l’omoplate. Douce extase de l’oubli… le temps est comme suspendu.

Tu as l’impression de ne rien faire, mais ton cerveau (oui tu as un cerveau scoop !) se régénère. Mais bon, je doute qu’il en sorte ensuite de brillantes idées… ça reste un cerveau de soumis.

Et ne t’endors pas hein, on n’est pas au Club Med ! A chaque seconde, tu dois craindre d’être battu sans raison, ton esprit reste toujours un peu sur le qui-vive, entre la détente et l’angoisse.

Et si tu te mets à bavarder, sache que je dispose d’une belle collection de bâillons. Le philosophe Gilles Deleuze disait : « Les forces de répression n’empêchent pas les gens de s’exprimer, elles les forcent au contraire à s’exprimer. Douceur de n’avoir rien à dire, droit de n’avoir rien à dire puisque c’est la condition pour que se forme quelque chose de rare ou de raréfié qui mériterait un peu d’être dit. Ce dont on crève actuellement ce n’est pas du brouillage, ce sont des propositions qui n’ont aucun intérêt. » Merci Gillou ! dans ce monde de bavardages incessants à l’heure des réseaux sociaux où tout le monde y va de son avis, c’était visionnaire car ce texte est issu de Pourparlers recueil de textes 1972 et 1990. Autant dire, un monde antédiluvien. En tout cas, chez Gladys, ton avis n’a aucun intérêt, promesse de pensées fécondes pour toi (je crois au miracle) et de jouissance du silence pour Moi.

Cet article a 6 commentaires

  1. Benoit

    J espère que vous saviez obéit à la maitresse

  2. Pierre Bertonnel

    Vous avez, Maîtresse Gladys, un talent littéraire qui m’impressionne beaucoup et Vous comprenez si bien ce que ressent un vrai soumis, peut être en fûtes Vous un dans une vie antérieure, en tous cas acceptez mon humble admiration qui donne tellement envie de Venir s’agenouiller devant Vous et attendre Vos ordres

  3. Benoit

    Il faut lui donner une bonne correction qui soit sage

  4. jouet bertrand

    avez vous trouver la solution pour vous faciliter l’écriture d’un roman espéré?

  5. Benoit

    Bonjour
    J aurait bien voulu recevoir une bonne fessee sur les genoux
    Ressorti avec les fesses bien rouge

  6. Benoit

    Bonjour
    J aime votre poèmes
    J espère que c est du réel

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